2012 09 Ciarapico Giancarlo gilles web mini

L’or qu’elle trouve est en elle !

Pièce de Giancarlo Ciarapica 

36eme mise en scène de Gilles Champion

Avec Josiane Champion-Magne en Camille, Stéphane de Santis pour l’homme.

 

CREATION EN JUIN 2020

 

Notre objectif

Il s’agit d'offrir à un public, qui méconnaitrait Camille Claudel, la découverte de ce personnage hors-norme et au public averti, un nouveau niveau de lecture des combats de la guerrière de l'art.

Il s’agit de la réhabiliter ET dans son parcours d'artiste originale ET dans son combat de femme pour avoir le droit d'exister comme elle l'entend.

A travers Camille Claudel, c'est à toutes les voix de femmes tenues au silence que la pièce de Giancarlo Ciarapica rend justice.

Un rappel de sa vie

A dix-sept ans avec un destin hors du commun, pétris de douleur et de génie, Camille s'impose à une société dans laquelle les femmes n'ont pas toujours leurs places.

Jeune fille, c'est avec acharnement qu'elle lutte pour s'installer à Paris.
Elle lutte encore pour imposer à sa mère la passion qu'elle choisit de mener.


Elle s'épuise sans cesse dans un combat, auprès de Rodin, afin d'exposer l'originalité de son talent.

Durant quinze années elle bouscule les conventions sociales en s'offrant corps et âmes à sa passion amoureuse et dévastatrice avec Rodin.

1913: une ambulance transporte Camille vers l'asile d'aliénés de Montdevergues, elle n'en sortira plus.

Ce n'est pas elle qui était la sœur de Paul Claudel, mais par l'inspiration qu'elle offrait, c'était bien lui qui était de frère de Camille, comme elle n'était pas la maitresse de Rodin mais bien Rodin qui était l'amant de Camille.

Elle était Sculptrice ! Femme !

La mort du père de Camille l'isolera dans une douleur muette.

La mère de Camille castrera son enfant, mais engendrera, contre sa volonté, l'artiste géniale.

L’approche de la mise en scène par Gilles Champion

Le texte de l’auteur Giancarlo Ciarapica est bien un dialogue, car le personnage qui lui répond occupe une vraie place.

Au fil du travail sur le texte, il m’a semblé possible d’imaginer que c’est Camille et un autre interné de Montdevergues, qui jouent et rejouent, une sorte de « passion », une sorte de « catharsis » pour aider les deux internés à fuir l’horreur quotidienne de cet asile. Mais il n’y a pas d’échappatoires hélas.

Si on cherche des « références », on peut penser à « Vol au-dessus d’un nid de coucou » par exemple.

Dès ce point de vue partagé avec l’auteur, la scénographie s’impose d’elle-même avec une petite estrade, des vêtements gris et des petits accessoires, comme cette glaise que sans doute Camille a pu un peu, un tout petit peu, manipuler dans l’asile.

Il ne restait plus qu’à sequencer le texte, pour trouver des articulations durant lesquelles des extraits musicaux viennent soutenir l’édifice de la pièce, pour une bonne réception par le public.

Mais l’essentiel est de restituer un état de colère de la Camille décrite par l’auteur de la pièce et pour cela, il faut l’énergie intérieure de la comédienne et son vécu, car on ne peut pas « faire passer » ce type d’émotion si on ne l’a pas soi même ressenti.

Le mot de Josiane :

josiane2 J’ai commencé le théâtre amateur au lycée en 1978, du haut de mes 17 ans. Puis la vie a tissé sa toile autour de moi, beaucoup de nœuds avec des fils de méchantes couleurs. 1984, Reims, la solitude accompagne mon âme d’une passion destructrice... Lire, lire jusqu’à plus soif, des romans, des pièces de théâtre.... Un après-midi dans une librairie, le choc, en tête de gondole ce visage, ce regard en première de couverture, qui m’hypnotise : Camille ! Je saisis le livre délicatement et je lis : Une femme d’Anne Delbée... Avec beaucoup d’émotions je parcours le résumé ! Sans hésiter, je l’ai acheté, je l’ai senti comme un bien précieux.... Moi, amoureuse de ces destins de femme hors du commun, Colette, Louise Labé et bien d’autres encore... J’ai dévoré son destin, atteinte de plein fouet ! Frissons, oui, frissons qui ont parcouru tout mon être...la première fois que je me suis trouvée face à ses sculptures. Les larmes ont envahi mon regard... Je la voyais, là, devant moi, vivante, ses mains sur la matière, travaillant ses œuvres....Je pouvais si bien la comprendre... Son besoin de liberté, cette passion qui l’a uni à Rodin, cette passion de la sculpture, d’exister en tant que femme ... Mon présent de l’époque me faisait vivre une similitude de sentiments ! Aimer, aimer, jusqu’à la folie, jusqu’à la destruction, créativité de mots, de poèmes... J’ai compris alors, qu’un jour, sur une scène de théâtre, je devrais lui rendre hommage. Les années ont passé, la passion du théâtre ne m’a pas quitté... Mon premier enfant, ma fille est née, elle s’appelle Camille... Et enfin, LA  rencontre qui allait tout changer ! »

.2020 06 CAMILLE CLAUDEL CIE G SITE